Accéder au contenu principal

Deliria (1987) - Michele Soavi


Deliria, plus connu en France sous le titre de Bloody bird (allez comprendre la logique des traductions) avait marqué les amateurs du genre à sa sortie.

Des comédiens répétant une comédie musicale dans un théâtre se trouvent confrontés à un tueur en série qui les élimine un par un à coups de couteaux, haches, perceuses et autres objets détournés de leurs fonctions d'origine.

Après avoir revu le film de Michele Soavi récemment, le constat est plutôt à la déception. Le film de Michele Soavi a vieilli. C'est plutôt cruel d'écrire cela car le metteur en scène  ne se contente pas d'aligner platement les meurtres comme n'importe quel tâcheron. La comédie musicale répétée s'inspire des agissements de Irving Wallace, le même tueur qui les décime les uns après les autres et en cela, Deliria propose une sorte de mise en abyme intéressante et un propos qui se distingue de n'importe quelle production horrifique des années quatre-vingt.

Il est donc plutôt cruel de rédiger une telle sentence car le metteur en scène prend la peine d'installer son ambiance, de soigner ses plans et ses instants de suspense. En fait, la première partie de Deliria s'attarde trop sur les mésententes et les conflits entre les acteurs de la troupe et le metteur en scène. Nous ne sommes pas là pour voir ce genre de heurts mais pour frémir. Ce n'est que dans la dernière demi heure que l'horreur explosera vraiment. Le tueur installe sur la scène les corps mutilés de ses victimes, au milieu de mannequins démantibulés et sous le regard effrayé d'une survivante cachée dans un recoin et obsédée par la clé coincée au milieu des planches de la scène, pouvant lui ouvrir la porte vers la liberté. Le tableau est remarquablement troublant.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La maison de Gaspard ferme ses portes

Je me souviens parfaitement de la première fois que j'ai vu Gaspard. Il jouait dans un box avec son frère chez l'éleveur où je m'étais rendu avec l'intention d'acquérir un chien. En entrant dans le hangar où se trouvaient les box, il a arrêté de jouer et s'est assis devant la porte grillagée en me regardant. J'ai su immédiatement que je repartirais avec lui. Il avait trois mois et demi.
Chiot, il a fait quelques conneries. Il a bouffé un mur, déchiqueté un livre mais ce n'est rien par rapport à la joie qu'il a apporté pendant toutes ces années. A de nombreuses reprises, il m'a accompagné en randonnée en montagne dans les Alpes et dans les Pyrénées. Il restait toujours à vue d’œil et attendait assis quand il ne me voyait plus.
Un jour, dans la résidence où j'habitais et alors que je revenais de balade avec lui, un rottweiler a foncé sur moi. Gaspard n'a pas hésité à se placer devant moi et à se battre frontalement avec ce chien ; alors q…

War for the planet of the apes (2017) - Matt Reeves

Le premier film de 2011 était très bon, le deuxième s'est révélé être une déception, celui-ci ne m'a pas franchement convaincu. Les premières minutes m'ont mis en confiance mais le soufflé est assez vite retombé.
Nous parlons de guerre entre les humains et les singes pour la domination de la terre mais aucun enjeu planétaire ne nous est illustré. Du début à la fin, nous restons dans un périmètre restreint où Woody Harrelson joue les Marlon Brando du pauvre dans Apocalypse now et où le spectateur est barbé par une jeune fille qui passe son temps à donner de l'eau à des singes emprisonnés.
Il y a bien des tentatives de développements scénaristiques, les humains qui peu à peu perdent leur humanité alors que les singes font de plus en plus preuve d'empathie, mais c'est nettement insuffisant. On se réveille un peu à la fin où un combat s'engage, militaires contre simiens. C'est trop court, voilà le générique de fin.
La 3D est plutôt bonne.

Le premier miracle (2016) - Gilles Legardinier

"Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.
Au premier étage de sa résidence américaine, devant la baie du salon dominant son immense propriété, il scrutait le ciel. Ce dîner s'annonçait important. Essentiel même. Pour une fois, cela n'aurait rien de professionnel, bien au contraire. Il y voyait cependant davantage d'enjeux que lors de ses récentes prises de contrôle de compagnies électroniques. Ce soir, c'était sa part la plus intime qui espérait trouver un écho." 

Je pense savoir pourquoi mes parents m'ont offert Le premier miracle de Gilles Legardinier. Il y a quelque chose qui relève de l'imagerie bondienne dans la couverture. Cette femme en tailleur, pistolet à la main et cet homme en costume accoudé à son…